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Sailing

Navigation par vent fort, avec un jeune enfant

Lorsqu’on navigue en famille, le but du jeu n’est pas de se mettre dans le gros temps. Mais parfois, on ne peut pas trop y échapper.

Nous avons débuter l’aventure sur Tchao lorsque Charlotte avait 2 ans.

Depuis le début de l’aventure en juin 2019, nous avons vécu plusieurs navigations par gros temps: Vent supérieur à 40 kts avec houle formée de l’Atlantique, 60 kts au près en Méditerranée, 50 kts dans l’pife avec grosses vagues… Nous étions parfois tous les 3 et parfois accompagnés. 

Ces expériences nous on beaucoup appris. Même si ces moments sont parfois éprouvants, nous sommes mieux préparés à présent.

Voici comment nous gérons la navigation par gros temps avec un jeune enfant.

LA CABANE

Lors de chaque navigation de plusieurs jours, nous mettons en place la « cabane » dans le salon. Ce lieu devient le lit familial. On y dort en vêtement de navigation.

Mais lorsque les conditions deviennent plus musclées, la cabane n’est plus vivable. Les coussins glissent. Il m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver au sol. De me prendre de belles gamelles en mettant ma salopette, après que le bateau se soit pris une jolie vague de coté. C’est bien connu, plus ça bouge plus il faut rester à l’arrière. 

1 DEHORS, 1 DEDANS: NAVIGATION EN ÉQUIPAGE RESTREINT

Lorsque le vent souffle fort, que nous sommes malmenés par les vagues, Charlotte reste en bas, dans le bateau, allongée dans son lit de la cabine arrière. C’est l’endroit le plus sécuritaire du bateau et là où elle ressent le moins le mal de mer. Tout est bien calé dans les équipets, rien ne risque de lui tomber dessus.

1 personne est à la barre et une autre reste à l’intérieur allongée avec Charlotte. 

Charlotte n’est pas très rassurée dans ce moment là. Elle demande le plus souvent maman. Je reste donc avec elle et Fred le capitaine est à la navigation.

Lorsque Tchao part au surf, cela fait un bruit assourdissant et grave dans la cabine arrière. Au large de Lisbonne, nous avons chronométré des surfs durant 10 secondes. C’est long 10 secondes… Dans ces moments là, le petit corps de Charlotte est balloté de tous les cotés. Je la cale avec un coussin d’allaitement d’un coté et avec mon corps de l’autre coté, sans oublier de bloquer mon pieds contre la cloison, pour ne pas valser à mon tour.

Il y a des nuits où je me retrouve en sandwich entre Charlotte et Harley (notre chat) qui vient chercher du réconfort. Ma nuit est moins fatiguante que celle de Fred, mais je ne dors pas pour autant.

Lorsque le pilote automatique ne tient plus, ça devient vraiment sportif pour Fred. Je le relaie quand Charlotte dort (et ça n’a jamais été une grosse dormeuse). Je dois aussi dormir un peu, si non, gare au mal de mer soudain. Je suis assez sensible au mal de mer et j’avoue que la règle des « 5 F » se vérifie assez bien chez moi (fatigue, froid, faim, frousse, foif). Pendant que Charlotte dort, je prépare les repas, je lave les couches, fais un check météo…. 

Lorsque le pilote ne tient plus ou qu’il faut barrer, nous activons le mode « survie » en nous disant que le port ou le mouillage abrité ne sera plus très loin.

Nous avons beaucoup pratiqué les sports de hautes montagnes étant plus jeunes. Finalement, la voile est très similaire. Apprendre à se connaitre, connaitre ses limites, appréhender son environnement et agir en conséquence.

Lors de notre navigation Saint Malo – Malaga, Killian nous a accompagné.

Il a été un équipier de confiance. Ce fut une bénédiction de l’avoir à bord avec nous.

Killian est un breton qui a grandit sur des bateaux. Fred pouvait compter sur lui pour les quarts. Il a été zen en toutes circonstances, même quand les vagues dépassaient le portique 😂. Il nous a beaucoup aidé dans les escales, dans les réparations que nous avions à faire. Je pouvais me concentrer sur Charlotte et l’intendance et même prendre la barre parfois. Killian et Fred géraient leurs quarts et leur sommeil.

Un équipier motivé, compétent et bienveillant change tout. 

LES REPAS

Naviguer avec un jeune enfant, pas vent fort peu devenir une vraie expédition digne du Millet Expédition Project (équivalent pour la mer?). J’essaie au maximum de préparer à manger avant le départ: les repas des 2 premiers jours, une grosse assiette de crêpes, un cake salé, du pain…. Les crêpes c’est top en navigation ! Facile à manger à n’importe qu’elle heure de la journée et de la nuit.

Sur Tchao, nous cuisinons maison, à base de produits frais.

Lorsque Charlotte dort, j’en profite pour faire une gamelle pour plusieurs repas. J’avoue qu’en restant toute la journée dans le bateau, je finis forcément par prendre un cachet contre le mal des transports. Un comble pour une famille qui vit sur un voilier, me direz -vous 😂. Mais un membre d’équipage plongé dans le seau n’est bon a rien et peu devenir une charge supplémentaire pour le capitaine.

La situation est vite comique: je remue les légumes dans la casserole et je file me coucher dans la cabane, tout en surveillant la cuisson. 🤣 

Comme nous, Charlotte ne mange presque rien quand elle est brassée..

Elle a encore besoin de la tétée câlin, réconfort, surtout la nuit. Lorsque aucun aliment ne passe, la tétée lui apporte les nutriments nécessaires. Le lait maternelle est très vite digéré. 

L’allaitement nous a sauvé de bon nombres de situations compliquées. Comment raisonner un enfant de 2ans qu’il faut manger et boire pour prendre des forces et éviter la déshydratation? 

LE MAL DE MER

Il est assez difficile de détecter le mal de mer chez Charlotte. Elle nous dit que tout va bien mais, dès que nous la voyons assise, inerte, le regard dans le vague, il faut agir vite. Le vomito n’est pas loin. On court chercher la bassine et on va vite l’allonger dans son lit.

Lorsqu’on est mal, on nous conseille de sortir et de regarder au loin. Mais ce n’est pas simple d’expliquer à un jeune enfant qu’il faut fixer l’horizon droit devant. D’autant plus, que pour des raisons de sécurité, il n’est pas toujours possible pour lui de regarder droit devant. Il regarde le plus souvent derrière…

Dès les premiers symptômes, nous l’allongeons dans son lit, sur une serviette, en lui mettant la tête sur le coté. Nous restons prêt d’elle pour la rassurer.

Nous avons testé les bracelets d’acupression et l’homéopathie… les bracelets ne restaient pas en place. L’homéopathie est assez efficace en prévention mais quand le moulin s’actionne dans la tête et dans le ventre, ses effets deviennent limités, du moins sur Charlotte.

Nous avons acheté en pharmacie un médicament contre le mal des transports, administrable aux enfants à partir de 2 ans. Nous l’utilisons très rarement, uniquement quand le mal de mer est installé depuis plus de 24h et qu’elle ne garde aucune nourriture.

ATTENTION AU TRANSIT

En restant allongée toute la journée, elle ne bouge pas beaucoup et ça peut « coincer »… sans mauvais jeu de mots.

Nous donnons le plus possible à Charlotte des légumes et fruits afin d’éviter une constipation en arrivant au port

ACTIVITÉS

Nous lisons des histoires, nous dessinons sur l’ardoise magique. 

On écoute de la musique et des livres audio… toutes les activités qu’il est possible de pratiquer en restant allongé sur le dos. Nous évitons au maximum les écrans, mais j’avoue, que Kirikou nous aide souvent lors des arrivées au port tardives et autres manoeuvres. 😀

TOILETTE ET VETEMENTS

Bon, on va pas se mentir, en navigation on prend pas une douche tous les jours. Alors par gros temps… Je donne une toilette de chat à Charlotte au gant, tous les jours. 

En général, elle reste en pyjama ou jogging confortable de jour comme de nuit. L’objectif est qu’elle soit confortable, sans avoir à changer de vêtements souvent.

Quand ça brasse beaucoup, changer la couche devient sportif. Je lui mets des couches lavables très absorbantes. Si on loupe un changement, cela évite de mouiller tout le lit dès le premier jour.

PRÉPARATION AVANT LE DÉPART:

  • Nous préparons à manger pour un régiment. En début de navigation, les corps ont parfois besoin de s’amariner de nouveau.
  • Nous préparons des crêpes et goûters legés que nous aimons. Ça fait du bien au moral, à toute heure.
  • Nous mettons en place la cabane dans le carré.
  • Nous préparons les jouets de Charlotte, faciles à utiliser en navigation, allongés dans son lit.
  • On garde les comprimés anti mal de mer en évidence. Qui n’a pas attendu trop longtemps  avant descendre les chercher?
  • Préparer les couches hyper absorbantes et des vêtements confortables et chauds pour l’intersaison et l’hiver. Il fait vite frais dans le bateau.

Nous gardons notre bonne humeur. Nous serons d’autant plus content d’avoir vécue cette expérience soudés. 

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